10/01/2010

Courrier des lecteurs : Le coût d'un sauvetage

Le sauvetage des spéléos a coûté très cher, mais ils étaient en danger et n'avaient commis aucune imprudence. Un emballement médiatique un peu forcené à mon sens pose le problème bien réel du remboursement de ces frais. Dans ce cas précis, il existe de plus des assurances adaptées. Cette année passée, l'hélico est passé au-dessus de ma tête de multiples fois pour aller chercher des chevilles foulées à la Rhune, ou deux dames épuisées à Iparla, ou encore des débuts de noyade sur la côte landaise… Il s'agissait de personnes ayant commis des imprudences et dont la vie n'était pas en danger. Personne n'a parlé du coût de ces sauvetages, qui n'étaient peut-être pas indispensables. […] Je note qu'un ministre s'est déplacé avec force journalistes à Saint-Domingue pour accueillir les deux sœurs libérées. Qui a parlé du coût de cette opération politico-médiatique ? Personne. […]

Pierre Sabalo

Villefranque (64)

Courrier des lecteurs : Sommets

Kyoto, Copenhague, on parle déjà du prochain à Mexico et combien d'autres ? Combien d'autres sommets de ce type notre pauvre planète malade va-t-elle engendrer ? Combien de millions seront encore dépensés pour réunir des décideurs qui ne décident rien… ou si peu ?

Car enfin, pourquoi n'avouent-ils pas, ce dont ils sont convaincus, que la cause du réchauffement climatique s'appelle « démographie et croissance » ? Agir sur ces deux facteurs apportera plus de résultats que tous ces sommets stériles. Croissance démographique, croissance industrielle, croissance

économique, croissance, croissance, croissance… Mais, bon sang, jusqu'où ? Croître oui,

mais croître mieux et non plus […].

André Trausch

Mézos (40)

Courrier des lecteurs : Footballeurs à vendre

J'entendais, à la radio, des reporters spécialisés qui posaient ouvertement la question : « Quel club peut encore acheter sans vendre ? » Acheter quoi, vendre quoi ? Mais des footballeurs, bien sûr ! Quand j'étais gamin et que je jouais au foot, c'était pour le plaisir. Actuellement, il semble que les footballeurs ne soient plus que de la marchandise négociable. En ces périodes de fêtes, il vaut mieux acheter de la truffe ou du caviar : c'est moins cher au kilo et cela se mange. Bonne année quand même !

Bernard Wery

Galgon (33)

Courrier des lecteurs : Ecolomania

Il s'en est passé, des choses, durant ces soixante-dix dernières années : la mer est montée de quelques millimètres, la température de quelques dixièmes, les nappes phréatiques défrayent, les médias s'affolent, les familles dépriment, les savants passent à la télé. […] La population de la France est passée de 37,5 millions d'habitants en 1945 à plus de 60 millions. La population mondiale de 1,5 milliard à 6, bientôt 10 à 12. Personne n'a rien vu venir ! Personne n'a rien à y redire ! À l'époque où les ours des Pyrénées étaient heureux, il y avait 80 % d'êtres humains en moins. […] Depuis soixante-dix ans, on a réduit de 40 % les émissions polluantes des autos, oui, mais il y en a 1 000 fois plus dans le monde. Là encore, personne n'a rien vu venir ! Il est urgent de commencer à parler d'écologie et de mettre l'écolomania à la corbeille !

M. Jean

Arsac (33)

09/01/2010

Le courrier des lecteurs : Le timbre et la forêt

Notre association vient de recevoir un courrier de La Poste intitulé « Ensemble, préservons la forêt », où il est expliqué que le 24 janvier, la tempête Klaus détruisait une partie de la forêt landaise.

Donc, pour aider à la reconstitution de la forêt, La Poste édite un timbre spécial et reverse 1 euro à l'Office national des forêts pour chaque bloc (10 timbres) acheté. Cette annonce est complétée d'un astérisque renvoyant à un texte écrit finement et verticalement sur un bord de la feuille où il est expliqué que le minimum de commande est de 10 blocs de 10 timbres pour un total de 99 euros TTC.

Une initiative généreuse ! Mais à y regarder de plus près, on constate que le prix du timbre revient à 0,99 € à l'expéditeur.

Auquel on retranche 0,10 € pour la forêt landaise, ce qui ramène l'affranchissement d'une lettre à 0,89 €. Le tarif normal étant de 0,56 € pour une lettre, La Poste vous taxe de 0,33 € à chaque envoi (soit une augmentation de 58 %).

La vraie solidarité aurait voulu que la forêt touche 33 centimes et La Poste 10 centimes.

Mais les affaires sont les affaires et le bois servira à faire du papier sur lequel on imprimera des timbres.

Gérard Moreau

Atur (24)

Le courrier des lecteurs : De mauvais goût

Lecteur assidu de votre journal (que je consulte quotidiennement), je découvre celui d'aujourd'hui (du 26 décembre) avec horreur : en première page, gros titre « Noël, la fête universelle », suivi d'une photo de la carcasse d'une bagnole déchiquetée par un train ! Poubelle immédiate… Franchement, ne pensez-vous pas que le 25 décembre, jour de Noël (il semble que vous le

savez), est un jour - le seul peut-être dans l'année - où les gens, le monde, petits et grands, riches ou pauvres, ont autre chose à voir, à faire et à penser ? Je ne vous fais vraiment pas mes compliments pour ce numéro.

Un peu de respect pour les traditions millénaires !

Didier Presles

Vaux-sur-Mer (17)

Courrier des lecteurs : La Poste, un service public ?

Au moment où l'on parle très souvent de La Poste, le service public auquel certains voudraient « s'attaquer », car on ne peut « toucher » une entité tous les jours au service du public, que constate-t-on ? Nous n'avons pas eu de courrier distribué le vendredi 25 décembre et le vendredi 1er janvier, jours de fête, cela est tout à fait normal, les dimanches 27 décembre et 3 janvier, nous n'avons pas eu de courrier , cela est tout à fait normal également, mais pourquoi n'avons-nous pas eu de courrier le samedi 26 décembre et le samedi 2 janvier ? Voilà qui est anormal pour un service public ! N'avons-nous pas eu d'électricité, d'eau, de trains ? Si un service public se met à « faire le pont », où allons-nous ?

Vraiment, La Poste a manqué ces deux jours d'assumer ce qui est son simple devoir de service au public et de plus, à notre avis, à un moment bien mal choisi.

Yves Petetin

Le Teich (33)

Courrier des lecteurs : Incroyable, mais vrai

J'ai 82 ans et je viens de recevoir pour mes parents décédés depuis quinze et treize ans le bon de vaccination à leur nom. Quelle honte et quel gâchis ! Ce n'est pas un cas isolé mais, dans un contexte d'économie, cela est impensable. Recherches, temps passé, papier, PTT multipliés par x.

Aujourd'hui, avec la facilité d'accès de la communication, cela paraît inadmissible, mais on a comptabilisé les seringues des morts comme des vivants, tout comme, je présume, le dernier recensement. « On fait bien voter les morts en Corse. » Il est possible que quand je serai décédé, ma fille reçoive quelques années après un bon pour une autre grippe plus ou moins « espagnole ».

Jacques Grenaud

Lanton (33)

Courrier des lecteurs : Vaccination

Il y a de quoi être offusqué. En effet, quel « tapage », qu'il vienne de l'opposition ou de la majorité… Que de saints Thomas ! Que n'aurait-on pas dit si, par malheur, la grippe A avait été plus virulente dans sa première phase, si l'on n'avait pas prévu le nombre de vaccins nécessaires ou même si un nombre plus important de Français avaient souhaité recevoir le vaccin…

Rappelons-nous des reproches qui ont été adressés aux services de santé à l'occasion de la canicule. Et puis, et je m'adresse aux parlementaires, aux élus, aux médecins : qui ne s'est pas trompé dans sa vie professionnelle, qui a tout justement prévu ?

Maintenant, si des « labos » ou autres ont fait de la surenchère pour des raisons financières, il faut sanctionner. Moi, je dis bravo et j'adresse au ministre de la Santé toutes mes félicitations et ma confiance.

Jean-Pierre Lacroix

Rions (33)

La chronique du médiateur : Ce n'est pas un miracle, juste de l'humanité...

Dans le courrier que nous recevons quotidiennement figurent beaucoup de critiques que vous nous adressez sans détour. Tout y passe : nos choix rédactionnels, la hiérarchie de l'information, nos partis pris réels ou supposés, nos fautes de syntaxe et d'orthographe, sans parler de la qualité de l'impression, la taille des grilles de sudoku ou des mots croisés. Certaines sont justifiées, d'autres moins ou pas du tout. Nous nous efforçons d'y répondre de diverses manières, soit en tenant compte de vos remarques et en en tirant les leçons, soit en essayant de vous expliquer, car vous n'avez pas toujours raison. Mais, pour une fois, nous laisserons de côté ce dialogue parfois tendu qui nous occupe assez souvent pour retenir un autre aspect de vos correspondances.

Ce sont toutes ces lettres, tous ces mails que vous nous expédiez comme on jette une bouteille à la mer. Ils disent vos craintes, crient à l'injustice et à la révolte. Ils vilipendent pêle-mêle les politiques et les médias, les patrons et les syndicats, ceux d'en haut qui abusent de leur pouvoir et de leurs richesses, et ceux d'en bas qui profitent sans vergogne de l'État providence.

Autant de points de vue, autant de contradictions. Et, au bout du compte, l'impression que monte de notre société une plainte désignant l'Autre comme responsable du malheur ou du mal-être de Chacun. Les récriminations tombent en avalanche, les satisfecit se font rares.

Aussi, lorsqu'un courrier fait entendre une musique différente, c'est un peu comme une pépite dans un tamis d'orpailleur. Une lettre reçue jeudi était si surprenante que je ne résiste pas à l'envie de vous la livrer dans son intégralité.

« À 5 ans, Émilie était une petite fille pleine de vie. Rarement malade, très ouverte sur le monde et ce qui l'entourait. Elle était remplie de joie de vivre. À la fin de sa dernière année de maternelle, elle savait lire et écrire. Le 9 juillet 2009, tout a basculé. La vie équilibrée que menait Émilie s'est transformée en cauchemar. Du jour au lendemain elle a sombré dans une maladie très rare et grave, une « encéphalite limbique auto-immune ».

Très peu de cas sont répertoriés. Le système immunitaire s'inverse et attaque le cerveau. Elle ne marchait plus, ne mangeait plus, ne parlait plus, et son côté droit était paralysé. Suite à de nombreux examens, les médecins se veulent confiants et pronostiquent une guérison. Dans le meilleur des cas à échéance de six mois, mais qui pourrait aussi mettre plusieurs années. Et ils font des réserves sur d'éventuelles séquelles.

Grâce à la persévérance de l'équipe médicale de l'hôpital des enfants du CHU de Bordeaux et au soutien moral que nous a apporté tout le personnel du 6e C, grâce à une batterie d'examens dont elle a pu bénéficier et aux échanges de compétences entre plusieurs hôpitaux et laboratoires de France, après presque six mois d'hospitalisation, Émilie a recouvré en un mois toutes ses fonctions. On serait tenté de dire que cela tient du miracle, mais non. La guérison de notre fille a pu se faire grâce à l'humanité et au dévouement de tout un service et à un service de santé qui n'a pas lésiné sur les moyens. Merci au service public et surtout à ceux qui le font vivre. »

Voilà ce que nous dit M. Thierry Elias, le papa d'Émilie. Les esprits chagrins - et il n'en manque pas - diront qu'après tout médecins et personnel hospitalier n'ont fait que ce pour quoi ils sont payés. C'est une façon de voir le monde et les relations humaines. Il n'est pas sûr que ce soit la meilleure.

08:03 Ecrit par Le Piéton dans Chroniques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note